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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 21:53

Les graffiti dont il va être question dans cet article, fait exceptionnel sur ce blog, ne concernent pas la période dite "médiévale". Il est possible que l'énigme qu'ils proposent prenne place dans un temps qui lui succède de peu, justifiant peut-être, à la rigueur, que j'en fasse état ici. Cependant rien n'est véritablement certain: aucune hypothèse à l'heure actuelle concernant leur origine, leur(s) auteur(s), et à fortiori leur signification, ne résiste pleinement à l'analyse. Et si ces gravures demeurent obstinément muettes, c'est qu'elles n'obéissent à aucun type iconographique connu, ne comportent aucune graphie véritablement identifiable (évidemment aucun millésime), ne se trouvent à ma connaissance qu'à Loches (Indre-et-loire) et pourtant leur homogénéité graphique, leur récurrence malgré leur dispersion dans un certain périmètre public de la ville (principalement aux alentours de la Cité Royale), laissent supposer qu'ils n'ont pas été laissés là par des graveurs occasionnels animés d'un simple esprit ludique. Les dessins ne sont pas le fait d'enfants non plus, puisqu'ils sont tous situés à la hauteur du regard d'un homme adulte (1). L'objet de cet article est donc principalement, on l'aura deviné, de solliciter la sagacité des visiteurs du Net et de tenter, par leur entremise, de collecter des éléments d'information nouveaux, voire des pistes de réflexion un tant soit peu argumentées, qui permettraient d'étoffer un dossier décidément trop mince, et pourquoi pas de contribuer à mener à tout ou partie d'une solution qui se fait attendre, il faut bien le dire, depuis déjà quelques décennies... 

 

planche-renard.JPG 

 

Fig. 1: planche de relevés effectués au XIXe siècle, publiée par André Renard en 1947.

 

On peut sans crainte parler d'un véritable corpus de signes concernant ces étranges témoignages, puisqu'ils se plient facilement à une typologie relativement restreinte, malgré diverses variations et quelques exceptions, comme nous allons le voir. Mais la première publication qui fit état de ces signes, due à André Renard dans  Le Flambeau du Centre en 1947 (2), le fit sans ordre, dans une planche confuse mêlée d'éléments exogènes selon toute probabilité, avec seulement quelques rares commentaires, bien qu'assez justes, pour les éclairer (Fig. 1). Il est donc difficile d'en tirer des observations sûres, d'autant qu'une très large partie des gravures figurant sur la planche a disparu aujourd'hui; et qu'il s'est lui-même contenté de publier des relevés qui ne sont pas de sa main, mais d'un certain Picard, érudit Lochois qui les réalisa autour de 1887 si l'on en croit l'auteur. La première (et dernière à ma connaissance) tentative d'expertise véritable de ces graffiti est due à Ulysse Jollet, alors guide au donjon de Loches (il sera plus tard responsable du château de Chinon), qui prit la peine, alerté sur le sujet par M. Rioland, professeur à la retraite et chartiste amateur possédant quelques gravures sur le mur extérieur de sa maison, de faire un nouvel état de la situation. Il parcourut donc les rues durant ses heures de relâche, établissant de nouveaux relevés et effectuant de nouvelles observations qui donnèrent lieu à des hypothèses dont il fit état dans le Bulletin des Amis du Pays Lochois (3) et lors d'une intervention au premier colloque sur les graffiti anciens organisé à Loches par l'ASPAG, en 2001 (4) (Fig. 2).

 

tetes-ulysse.JPG 

 

 Fig. 2: types de profils relevés par Ulysse Jollet. La taille de coiffe la plus représentée est la forme 3 (en bas); environ 42 exemplaires, allant du simple chapeau "triangulaire" à un chapeau résumé par une simple "pointe". La même forme, mais de petite taille est représentée environ 9 fois (forme 1, en haut à gauche. La forme "en calotte" (forme 2, en haut à droite) est reproduite à peu près 15 fois. Deux profils ne possèdent pas de coiffe, si l'on excepte les têtes à cupules (voir plus loin). Dans un cas (rue du Rocard), le chapeau est remplacé par un signe indéterminé (document U. Jollet).

 

  Je lui demandai quelques années plus tard de me communiquer ses relevés et observations, et au vu des documents, me décidai à mon tour à me rendre sur les lieux. Mes observations ne furent pas différentes des siennes à quelques détails près, et je décidai de mettre de côté la publication de 1947, peu sûre à mon sens, pour me concentrer sur l'état actuellement observable  des gravures, me basant sur les relevés de mon prédécesseur et sur les indications topographiques qu'il avait établies, fondements sur lesquels je vais tâcher, en plus de mes propres  observations, de présenter ici la question.

Ces étranges gravures, qui sont composées de profils schématiques standardisés malgré quelques variations, notamment dans la coiffe, et de graphies montrant divers signes isolés ou en petit groupe accompagnant ou non les "portraits", ont visiblement été disséminées selon un parcours précis qui ceinture sensiblement  la Cité Royale, celle-ci n'étant pas complètement épargnée puisque têtes et signes

figurent par exemple dans les meurtrières du rez-de-chaussée de la barbacane située en avant du chatelet d'entrée de la citadelle; et s'étendant jusqu'aux faubourgs de la ville, au nord-ouest et au sud (5). On peut constater que les graffiti se trouvent tous sur des bâtiments ou murs construits ou existants au XVe siècle, ce qui permet peut-être de fixer une date minima quant à leur exécution, et laisse supposer qu'ils ne sont probablement pas postérieurs au XVIe siècle, car on ne les rencontre pas sur des édifices plus récents (A. Renard, U. Jollet). Les dessins sont tous (à l'exception de ceux de la barbacane) localisés dans des lieux publics, sur la maçonnerie extérieure de murs "bordant la chaussée d'axes très fréquentés ou sur ceux limitant des carrefours importants" (U. Jollet). A l'extérieur de la Cité Royale, on note leur présence sur deux édifices remarquables: la chapelle Notre-Dame de Vignemont à proximité, édifice de transition entre le roman et le gothique, et c'est à noter, proche de laquelle on peut constater une plus grand concentration (rue du Rocard); la tour de Mauvières (XIVe siècle), dans le faubourg sud de la ville.

La plupart des hypothèses formulées pour justifier la présence de ces inexplicables gravures dans un tel contexte sont, il faut bien le dire très floues, on s'en sera douté, et se limitent à d'improbables généralités tant les points d'appui concrets font défaut: "repères conventionnels, traces d'une véritable signalisation à l'usage des membres d'une société secrète contemporaine des guerres de religion" (A. Renard); "dénombrement, puisque "la majorité de ces graffiti sont situés à proximité de portes d'habitation, de passages piétonniers, ou bien encore au début de ruelles (U. Jollet); "marquage laissé par des soldats ou des espions" puisque beaucoup de ces graffiti se trouvent en des endroits stratégiques pour observer la forteresse, ou sur des lieux où sont possibles d'importants rassemblements (U. Jollet). Il est évident que tout ceci n'emporta pas vraiment l'adhésion, à commencer par celle de leurs auteurs eux-mêmes.

Il est cependant à mon sens une supposition, qui fut d'abord formulée puis très vite délaissée par Ulysse Jollet, qui mériterait d'être approfondie, même si la formulation restreinte qu'il en donna et les lacunes de ses propres observations ne permirent pas d'en explorer toutes les possibilités: sa première idée fut en effet de relier les mystérieuses gravures au milieu des tailleurs de pierre ou des maçons; il renonca cependant à cette hypothèse car n'ayant en vue que les marques de tâcherons,  il était évident que plusieurs têtes ou plusieurs graphies pouvant figurer sur la même pierre, il était improbable qu'on eût à faire à des signes de ce genre (hypothèse que repoussa d'ailleurs A. Renard), qui auraient ainsi marqué le travail de plusieurs ouvriers... comme les auteurs d'un même ouvrage. J'ajouterai que cela ne ferait que repousser la question de la singularité des dessins, puisque les marques de ce genre étant assez bien répertoriées, il est facile de constater qu'on aurait à faire ici à un phénomène graphique parfaitement original, et qui plus est limité à la seule cité de Loches, ce qui est pour le moins très improbable. Cependant je crois que l'hypothèse de graffiti artisanaux mérite de n'être pas complètement abandonnée, puisque j'ai pu relever lors de mon investigation, précisément vers l'extrémité de la rue du Rocard où se signale une relative concentration de figures, et peu avant de tourner vers la rue de Vignemont menant à la chapelle du même nom, un graffiti d'assez grande taille (45 cm de haut) qui n'a jamais été signalé, curieusement  situé à environ 1m. 95 du sol: il s'agit à mon sens, si j'en crois son accoutrement, de la représentation d'un compagnon du devoir, reconnaissable à son chapeau-tube et son viatique sur le dos, brandissant une arme qui ressemble à une courte épée que je crois pouvoir assimiler au dard d'une canne-épée, telle qu'en possédaient justement parfois les compagnons ... mais de toute évidence, du XIXe siècle plutôt que du XVIe siècle (Fig. 3)... 

 

graffiti-compagnon.JPG 

 Fig. 3: graffiti de compagnon du Devoir, rue du Rocard (relevé de l'auteur, novembre 2001). 

 

  On pourrait alors se demander si nos gravures ne seraient pas tout simplement de simples "marques de passage" sur un de ces parcours traditionnels que les compagnons, au cours de leurs pérégrinations, arpentaient en se rendant d'étape en étape sur les sites remarquables,"obligatoires" et connus d'eux-seuls, intéressant spécialement leur profession; en l'occurrence ici, le métier de maçonnerie. Selon cette hypothèse, deux possibilités s'offrent alors à nous: ces graffiti sont bien du XVIe siècle et les mêmes chemins, transmis au cours des siècles, étaient encore parcourus au XIXe siècle; l'on s'expliquerait alors l'intérêt pour un compagnon moderne, que sa route dans la cité lochoise fût jalonnée d'édifices médiévaux exclusivement, simplement civils, ou encore remarquables comme la tour de Mauvières, l'église de Vignemont... la barbacane du donjon. S'il est vrai, concernant cette dernière que, pour un homme de la Renaissance, l'accès en était réservé puisque la cité Royale n'était accessible à la population que lors de certaines grandes festivités religieuses, il est également vrai que l'interdit ne touchait ni les soldats, ni les miliciens, ni les prisonniers... et selon toute probabilité, pas plus les ouvriers oeuvrant aux réparations d'entretien toujours nécessaires de la forteresse.

La deuxième possibilité, plus fragile il est vrai, et si l'on suit toujours cette hypothèse artisanale, peut laisser penser que nos signes ne sont peut-être pas aussi anciens qu'on le croit; et l'on peut admettre que le marquage, par exemple aux XVIIe, XVIIIe ou XIXe siècle, d'un parcours jalonné d'édifices exclusivement médiévaux, s'expliquant pour les raisons énoncées plus haut, fasse apparaître une bonne proportion de profils gravés coiffés d'un chapeau au graphisme "triangulaire" qui peut facilement évoquer, malgré le défaut de proportions et le caractère schématique du dessin, un profil de coiffe masculine de type "tricorne" avec sa pointe caractéristique vers l'avant, telle qu'on la portait sous l'Ancien Régime...

Enfin, et pour achever d'explorer l'hypothèse artisanale, on peut constater que certains signes gravés en forme de "4" pourraient peut-être s'apparenter au fameux "quatre de chiffre" en usage traditionnellement entre-autres, dans les milieux artisanaux de la construction.

On voit en final combien toutes les tentatives d'explication de ces curieux graffiti sont très conjecturales; et rares les faits qui permettent d'en tirer quelque certitude, d'en approcher en final un tant soit peu le sens. Une question cependant n'a pas encore été abordée, qui mérite d'être évoquée ici: celle des "signes" accompagnant ou non les profils, et notamment la question de leur typologie, livrant nous allons le voir des éléments de réflexion qui, il faut bien l'avouer, ne sont pas pour simplifier le problème (Fig. 4).

 

 typologie-signes-releves-ulysse.JPG

 

Fig. 4: essai de classement des "signes". Ils se présentent en petits groupes, isolés, ou accompagnant les profils. La figure notée (1), qui est en réalité à l'horizontale, doit être pivotée d'un quart de tour vers la droite. Trois "signes" de forme singulière et indéterminée, présents seulement à un exemplaire, ne sont pas figurés ici (document de l'auteur). 

 

Tous les observateurs se sont accordés pour admettre que ces graffiti dans leur ensemble se référent à une "écriture codée", tant leur "standardisation" est patente, opinion que je partage évidemment pleinement. Cette codification apparaît encore plus clairement si l'on songe à établir une typologie même vague des "signes" qui accompagnent de près ou de loin les profils, typologie qui confirme bien qu'ils ne sont pas, de toute évidence, hasardeux: ils présentent en effet tous une morphologie qui les rattache directement, ou indirectement, à des lettres (la plupart du temps minuscules) de l'alphabet grec (Fig. 5). J'avais évoqué cette question avec Ulysse Jollet il y a bien longtemps, et il est regrettable, puisque nous étions tombés d'accord sur ce fait, qu'il n'ait pas pris cette piste en considération, de toute évidence puisqu'il n'en fit état dans aucune de ses communications. Un seul cas cependant paraît litigieux: celle du signe en forme de "2" que j'ai assimilé peut-être arbitrairement à un zêta (Z). Mais je ne crois pas que cela remette en cause les observations concernant les autres "lettres". A ce dernier sujet, Serge Avrilleau note justement que ce graphisme est celui qui symbolise la planète Jupiter dans l'astrologie traditionnelle. Remarque très juste, et qui pourrait évidemment ouvrir d'autres pistes de travail, malheureusement il semble bien que dans nos "signes" la référence à cette science traditionnelle soit unique...

 

inventaire-lettres.JPGFig. 5: lettres grecques semblant structurer les "signes" (en majorité des minuscules). Les chiffres entre parenthèses indiquent leur valeur numérique définie par leur place dans l'alphabet, les grecs n'ayant pas de notation numérique spécifique pour leurs calculs.

 

L'intérêt de ce constat concernant la possible origine grecque de notre "alphabet" tient à ce qu'un autre élément graphique, présent sur seulement certaines "lettres" et aussi sur de rares profils, conduit tout droit à la possibilité qu'on ait à faire, dans au moins certains de ces graffiti, à une sorte d'alphabet partiellement "talismanique", c'est à dire en relation avec des pratiques magiques (dont m'est bien évidemment impossible de définir très précisément le contenu), ce que me paraît manifester la présence de cupules à l'extrémité de certains traits permettant de rapprocher ces graphies d'une écriture pommetée ou bouletée (ou encore "à lunettes"). Ce type de procédé graphique, de pratique courante très anciennement et que l'on retrouve évidemment au Moyen Age et à la Renaissance, trouve précisément son plus vieux modèle dans une stylisation des caractères grecs à des fins magiques, dès le IIIe siècle de notre ère et se répandra en s'adaptant dans l'"orient" hébreu et arabe comme dans l'occident latin (Fig. 6).

 

 amulette-grecque.JPG

 

Fig. 6: signes et lettres pommetées sur une amulette grecque contre l'angoisse, qui assurait aussi victoire, faveur, réputation... (source: Claude Lecouteux, Le Livre des Talismans et Amulettes, Paris, 2005). 

 

Ces écritures secrètes ressortissant à la magie du verbe, formées de lettres n'étant pas utilisées nécessairement dans leur sens alphabétique ou lexical, mais aussi composées de signes graphiques les plus variés, permettaient d'établir une communication entre leur scripteur et le monde d'esprits intermédiaires précisément "liés" par cette pratique (puisque le signe était sensé être de même essence) destinée à les contraindre à accomplir la volonté du mage, c'est-à-dire le dans un but de "déuotio" ou envoûtement. Le rite s'effectuait le plus souvent par la "défixion", c'est-à-dire le percement avec des clous, à l'origine de tablettes de plomb où étaient inscrites diverses intentions, prières ou invocations mêlées précisément de ces signes agencés entre eux, le clou affirmant la force de volonté du rédacteur sur le destinataire de la tablette qu'il veut assujettir par l'entremise d'un être surnaturel. On peut de toute évidence trouver un lien entre le pommetage lui-même des lettres magiques et cette pratique concrète de défixion, lien qu'il est facile d'établir lorsque la lettre n'est plus écrite, mais gravée; à fortiori sur un mur où seul un clou (ou toute autre sorte de pointe métallique) permet cette notation, accomplissant ainsi ce rituel par la formation de cupules. On peut noter par ailleurs plus généralement que cette magie du verbe n'avait pas nécessairement de caractère "maléfique" mais pouvait constituer simplement un outil de dialogue, de prière ou d'invocation; et l'on peut se demander dans quelle mesure les graffiti de croix cupulées présents notamment à proximité des anciens cimetières ne ressortissent pas à cette pratique de "fixation" d'une intention, cette fois-ci dévotionnelle, par exemple d'oraisons à l'intention du mort (6). Enfin, il est pour le moins remarquable de constater que la défixion de la tablette s'accompagnait d'un acte semblable effectué au moyen de clous ou d'aiguilles sur une image du destinataire, le plus souvent faite d'une figurine de terre, de cire ou de plomb. Or quatre profils de nos graffiti de Loches présentent des arrangements supplémentaires de lignes cupulées à leur extrémité n'ayant véritablement aucune nécessité formelle, et que l'on peut valablement interpréter à mon sens comme la transposition graphique de cet acte de percement, que l'on retrouve d'ailleurs dans quelques "signes" comme on l'a vu (Fig. 7).

 

tete-defixion.JPG 

 

 Fig. 7: profil cupulé, chapelle de Vignemont (relevé: Ulysse Jollet). 

 

 

On peut signaler à ce sujet qu'un profil "standard" de la rue de Vignemont, fait qui n'a pas été rapporté par Ulysse Jollet, est effectivement littéralement criblé d'une vingtaine de petites cupules... Faut-il enfin retenir, sur le même sujet, l'idée que dans l'iconographie ancienne, la représentation de profil typifiait le caractère "sinistre" (senestre ou nocturne, et par extension maléfique) de la personne représentée (7)? Encore une question à laquelle il est impossible de répondre dans l'état actuel du dossier...

Il est évident que de telles suppositions -si elles étaient par ailleurs vérifiées- ne feraient qu'épaissir encore le problème de nos étranges gravures lochoises. Il apparaît donc bien à mon sens de toute nécessité de porter le dossier à la connaissance de tous, afin que peut-être de nouvelles lumières viennent jeter quelque jour sur ce qu'il faut bien nommer, encore aujourd'hui, un mystère indéchiffré.

 

 

 

NOTES

 

 

(1) Les graffiti sont situés en moyenne à environ 1m 50 du sol, à l'exception de ceux situés près des rampes qui culminent à près de 3 mètres, à cause de l'effondrement répété du sol du cimetière de l'église St-Ours dans le quartier de Quintefol en contrebas au cours du XVIIe siècle (U. Jollet).

 

(2) André Renard, "Loches, la Porte Royale", dans Le Flambeau du Centre, N° 4, octobre-décembre 1947, p. 170; planche p. 168.

 

(3) Bulletin des Amis du Pays Lochois, n° 14, 1998, pp. 129-38.

 

(4) Cf. Ulysse Jollet, "De curieux graffiti Lochois" dans Actes des "Premières Rencontres Graffiti anciens à Loches en Touraine, 20-21 octobre 2001", ASPAG 2002 (Musée de la Mémoire des Murs); pp. 51-54.

 

(5) La nomenclature des rues et monuments où les gravures sont visibles actuellement est la suivante:

-Collégiale St-Ours;

-Rue du Fort -St-Ours;

-Rue des Roches;

-Rue du Rocard;

-Rue de Vignemont;

-Chapelle de Vignemont;

-Rue de la Pouletterie;

-Tour de Mauvières;

-Barbacane du donjon;

-Porte Royale;

-Rue de la Chauvellerie;

-Rue du Faubourg Bourdillet;

-Ruelle du Centre Jeanne d'Arc.

 

(6) Sur le sujet des graffiti de cimetière et des croix composées de cupules cf. J.-M. Couderc: "Les graffiti des églises liés à la proximité des cimetière" dans "Graffiti anciens, deuxièmes rencontres, Verneuil-en-Halatte (Oise), 2002", ASPAG, 2005; pp. 39-48.

 

(7) On peut voir à ce sujet, dans la planche publiée par A. Renard (au coin en haut à gauche), le relevé d'un graffiti figurant anciennement sur la tour de Mauvières mais qui a semble-t-il aujourd'hui disparu, représentant un rectangle où sont inscrits les mots NOR+ (pour "NORD") SEPTENTRION, accompagnant un profil et un personnage allongé avec le même visage standardisé, et quatre "clous" fichés aux quatre angles de la figure. Cette dernière paraît bien être l'indication d'un tombeau, puisque justement le côté nord est toujours dévolu à la mort dans les édifices anciens; le personnage allongé figurerait alors le corps inhumé, et les clous la "fixation" de voeux de mort sur un personnage réel, mais ici symbolisé ici par son profil. Cette interprétation n'est d'ailleurs pas exclusive d'une autre lecture, où l'on peut voir par allusion une évocation schématique de la crucifixion (le signe + à la place de la lettre D, substitution qui s'explique par le symbolisme quaternaire des branches de la croix, le D étant la quatrième lettre de l'alphabet; les quatre clous, c'est-à-dire les quatre plaies aux mains et aux pieds), la mort et la mise au tombeau du Christ.

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

sur l'histoire et les monuments de Loches:

 

 

GAUTHIER, Edmond: Histoire du donjon de Loches, 1881; réédition Horvath, Roanne, 1988;

 

JOLLET, Ulysse: Loches en Touraine, ville de pierre et de coeur, St-Cyr-sur Loire, juillet 2002;

 

RAUST Jean, Loches au cours des siècles, Chambray-lès-Tours 1992.

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Jean-Michel Mathonière 06/12/2010 11:46


Pour ma part, je ne vois rien dans ces graffiti qui puisse permettre de les rattacher de près ou de loin aux Compagnons.

Ainsi, la figure 3 représente tout simplement un homme avec une épée, ce qui n'est aucunement un attribut compagnonnique (même si les Compagnons tailleurs de pierre l'ont exceptionnellement portée
en certains cas), là où dans le cas d'un Compagnon, l'on s'attendrait à voir une canne. Ce pourrait plutôt être un soldat, ce qui dans le contexte serait bien plus "normal".

Dans tous les cas, au vu de la maladresse du trait, il est peu probable que le corps de métier impliqué soit celui des tailleurs de pierre. Cette même maladresse rend à mon sens très aléatoire
toute interprétation précise de tel ou tel des éléments du dessin (par exemple la longueur de l'épée ou la forme du chapeau).

A noter également que si les marques "au quatre de chiffre" sont bien représentées dans les milieux artisanaux, elles sont également très fréquentes dans les milieux du négoce. Difficile donc d'en
tirer des conclusions, d'autant qu'ici, on est quand même très loin du graphisme, au demeurant très simple à correctement tracer, du quatre de chiffre usuel.